Nicolas Hulot bat la campagne mais gardera sa neutralitré

Publié le par PARIS (AFP) - 28/03/2007 15h30

A la veille du rassemblement qu'il organise dimanche à Paris, Nicolas Hulot répète qu'il ne sortira pas de sa neutralité d'ici aux élections, notamment pour ne pas prendre le risque de "jouer la cause écologique à la roulette".

 "Ce serait contraire à la démarche du Pacte écologique, qui est de ne pas se mettre dans une impasse en jouant à la roulette (sur une personnalité) et, si elle ne passe pas, on reprend pour 5 ans d'inertie écologique", a-t-il expliqué mercredi dans un entretien à l'AFP.

 Sûr "à 99%" de ne pas sortir de sa neutralité, il se "garde une petite fenêtre: on ne sait jamais. Mais je suis a priori programmé pour un mandat transpolitique et non partisan".

 Depuis que l'animateur a levé, fin janvier, l'hypothèse de sa candidature, l'écologie qu'il voulait placer au coeur de la campagne a été renvoyée aux marges: sitôt signé le Pacte écologique, les principaux candidats l'ont pratiquement rayée de leurs discours.

 Alors début mars, l'animateur est ressorti du bois.

 Mardi soir, il a reçu Ségolène Royal et mercredi matin, François Bayrou (samedi ce sera le tour de Nicolas Sarkozy): le seul moyen d'obliger les candidats à rencontrer les ONG environnementales, comme ils s'y étaient engagés fin janvier.

 "C'est dommage sur un sujet aussi fondamental de devoir toujours être dans la pression alors que la raison devrait suffire. Je le déplore et j'en suis mal à l'aise, mais le temps de la campagne je suis obligé d'utiliser ces procédés", justifie-t-il.

 Sur le contenu des rencontres, il refuse de "distribuer des médailles". Mais se dit convaincu qu'il y a aura bien, chez Royal ou Bayrou, un vice-Premier ministre chargé du développement durable, comme le prévoit le Pacte. "Pour Sarkozy, je le saurai samedi".

 Cependant, il appelle les candidats à préciser désormais leurs vues à ce sujet: "ils doivent apporter des précisions rapides sur le périmètre de responsabilités de ce titulaire. Je constate que certains n'y ont pas travaillé". Non, pas de noms. "Le diable est dans les détails: avec une coquille vide, le remède risque d'être pire que le mal".

 Les candidats signataires s'étaient engagés à ce que l'environnement soit un déterminant majeur de la campagne, reprend-il. "Mais on n'en est pas là".

 "La campagne présidentielle était un rendez-vous critique important pour refixer les priorités et se poser les questions fondamentales... Je ne suis pas sûr qu'on l'ait fait", ajoute-t-il en évoquant l'énergie, les transports, les OGM, les incinérateurs, mais aussi les choix de croissance, "qualitative et non quantitative".

 Nicolas Hulot se dit "sans regret" pour sa propre candidature et préfère mesurer le chemin parcouru depuis le lancement du Pacte début novembre. "Il en restera bien plus que si rien n'avait été fait. On a fait bouger les lignes chez les politiques et partout dans la société".

 C'est d'ailleurs pour répondre à une "exigence" des signataires du Pacte --plus de 650.000 à ce jour-- qu'il organise les rassemblements du 1er avril. D'abord au Zenith, aux côtés d'Hubert Reeves, Edgard Morin et Charles Aznavour --qui lui dédie une chanson sur son dernier album. Puis au Trocadéro, face à la tour Eiffel.

 "Les candidats n'ont pas été invités. On ne va pas leur dire de ne pas venir, mais le but n'est pas qu'ils viennent se verdir ce jour-là", précise-t-il.

 Si l'acquisition récente d'un vélomoteur électrique lui met du baume au coeur, Nicolas Hulot lâche tout de même que "quelque fois, garder l'espoir relève d'un acte de bravoure".

 

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