Des loups, des ours et des hommes
Le problème des ours dans les Pyrénées est similaire, même si cet animal n’a jamais disparu de cette région.. On a le droit de regretter l’époque (les années 1930) où il y en avait encore entre 150 et 200. Les bergers n’avaient que de petits troupeaux qu’ils gardaient, parfois le fusil à l’épaule. Quand un ours trouvait leurs moutons trop appétissants, ils l’abattaient. C’était toléré et le plantigrade finissait dans les assiettes. Aujourd’hui, tout a changé dans cette région, (même trop). Nous ne vivons plus, comme au début du 20° siècle. Ré-introduire coûte que coûte des ours (ou des loups), revient à lâcher un éléphant dans un magasin de porcelaine. Les voyous à pitbull des banlieues chaudes ne sont pas pires que ces faux écolos. Il y a assez d’ours dans les monts Cantabriques, au Nord de l’Espagne. Ceux qui veulent les voir, n’ont qu’à aller là-bas.
Tout ça pour faire plaisir à quelques extrémistes animaliers dont le poids électoral est nul, tandis que les contribuables sont invités à régler la note et que les montagnards Alpins et Pyrénéens sont plongés dans le désespoir. Mais dans quelques années, la situation pourrait bien changer. L'Etat ne pourra pas continuer encore longtemps de balancer des centaines de milliers d’euros, chaque année, pour indemniser les bergers et payer une armée de gardes. En effet, notre Economie continue de plonger et la dette publique qui a encore pris deux milliards en Mars, suit un mouvement inverse.
Nos hommes politiques feraient mieux de s’occuper de l’état de nos terres agricoles appauvries par 50 ans de surexploitation à coups d’engrais artificiels qui dopent les plantes et les obligent à puiser de façon excessive, dans les réserves humiques. Dans la plupart de nos grandes plaines agricoles, le taux d’humus est passé de 6% à 2% . L’érosion pluviale y fait des ravages difficilement réparables. Et l’on continue à balancer 10 à 12 millions de tonnes d’engrais artificiels, chaque année. Les nappes phréatiques sont polluées et au plus bas, parce qu’elles n’ont pas le temps de se recharger. Le plus révoltant est le tapage fait au sujet des « biocarburants » fabriqués à coups d’engrais artificiels tirés en grande partie, des hydrocarbures… Certains agriculteurs vont jusqu’à utiliser du blé, comme combustible. Reçoivent-ils des subventions, pour ce bel exploit ? Pendant ce temps, sur nos belles routes de France, nous brûlons 50 millions de tonnes de pétrole (raffiné), par an. Nous ferions mieux de faire des économies de ce côté-là. Ce serait tout bénéfice pour la nature et nous pourrions nous passer des « biocarburants » dont la fabrication et la combustion dégagent, au final, plus de CO2 que le gazole et concourent, en plus, à l’appauvrissement des terres. Je terminerai en rappelant que trois millions de personnes, en France, n’ont pas les moyens de s’alimenter correctement. Si nous ne sommes pas dans une société de fous, nous n’en sommes pas loin.
Michel Evrard, retraité de l’Enseignement Agricole (Haute-Savoie).